Discours du 24 juin 2026
Vincent Trébuchet · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°283
Je retrouve nos débats après quelques heures d’absence de l’hémicycle, et j’invite tous les collègues à faire de même de temps en temps : s’absenter une heure ou deux et écouter nos débats à distance permet de se rendre compte des outrances proférées. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) J’ai ainsi entendu dans cet intervalle que, comme il faisait chaud, il fallait maintenant accélérer – puisque des personnes qui souffraient de la canicule, il fallait les aider à partir. (Mêmes mouvements.)J’ai aussi entendu certains députés du Modem affirmer en conférence de presse qu’il fallait être rassurés parce qu’on n’allait pas euthanasier toutes les personnes fragiles… Là encore, on est très rassurés ! Et je viens d’entendre que dans nos territoires ruraux, même sans soins palliatifs, on meurt très bien et qu’il n’y a pas de problème.
Il faut que vous mesuriez à quel point vous êtes déconnectés.J’en viens à mon amendement, qui vise à corriger une de ces outrances. Il est prévu que si l’on est atteint d’une affection grave et incurable, il suffit de présenter une souffrance liée à cette affection pour avoir accès à l’aide à mourir. Or la rédaction initiale prévoyait que cette souffrance devait être constante. Sachant combien la demande de mort est ambivalente, corrigeons au moins ce point-là. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)
Je souhaite répondre à Mme Simonnet. Nous vivons en France, mais peut-être préférez-vous vivre en Espagne, où une jeune fille dépressive, après une tentative de suicide qui l’a rendue paraplégique, a souffert d’une nouvelle dépression qui a permis qu’elle soit euthanasiée à l’âge de 25 ans. Initialement, il n’y avait donc qu’un mal-être, mais elle est morte car la seule réponse qui lui a été proposée, en vertu de la loi sur l’euthanasie, a été d’en finir avec sa vie.
Identique à celui de notre collègue Hetzel, il vise à ce que la vérification de l’absence d’abus de faiblesse ait lieu avant même que la procédure d’aide à mourir commence. Sans cette disposition, les auteurs d’un abus de faiblesse ayant poussé une personne au suicide assisté ou à l’euthanasie seront certes poursuivis et condamnés, mais la victime sera morte.L’issue d’une procédure d’euthanasie ou de suicide assisté étant irréversible, il est fondamental de débuter par une double vérification : celle du caractère libre et éclairé de la volonté exprimée et celle de l’absence d’abus de faiblesse. Étant donné la fragilité des personnes concernées – elles sont en fin de vie en raison d’une affection grave et incurable –, il serait incompréhensible de ne pas adopter ces amendements.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).