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Discours du 12 février 2026

Virginie Duby-Muller · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°148

Cette proposition de loi vise à empêcher la constitution de monopoles économiques dans le secteur des médias d’information.

Sous couvert de défendre le pluralisme, elle cache en fait une approche profondément idéologique et dangereuse pour nos industries médiatiques.

Idéologique, ce texte l’est d’abord parce qu’il repose sur le postulat que la concentration des médias est nécessairement un mal (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC),…

…sans tenir compte des réalités économiques et des dynamiques de marché. Or la concentration est aussi un levier d’investissement, d’innovation et de compétitivité face aux géants internationaux. En diabolisant systématiquement les acteurs majeurs – et certains en particulier, on l’a bien compris –, cette proposition de loi ignore que la taille critique est souvent nécessaire pour résister à la concurrence internationale et étrangère, dans un contexte où le secteur des médias a profondément muté avec l’arrivée des Gafam.Par ailleurs, ce texte fait peser des risques majeurs sur des secteurs déjà fragilisés, en particulier sur les radios indépendantes, locales et thématiques, des acteurs qui peinent à s’adapter à la révolution numérique et qui pourraient se voir priver des synergies nécessaires pour survivre. En limitant artificiellement leur capacité à se regrouper, on les condamne à une marginalisation accélérée. La radio, média de proximité, a besoin de stabilité économique pour jouer son rôle social.La liberté des médias ne se défend pas à coups de mesures punitives mais par la mise en place d’un environnement économique sain et compétitif, et cette proposition risque d’affaiblir notre souveraineté culturelle, notre capacité à porter une voix française dans le paysage médiatique mondial.Enfin, j’appelle de mes vœux le futur projet de loi issus des états généraux de l’information, censé moderniser les règles existantes en revoyant le mode d’évaluation des concentrations grâce à la mise en place d’un seuil unique et plurimédia, qu’il reviendrait au législateur de définir. Je crois en notre rôle de législateur et… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).