Discours du 5 février 2024
Virginie Joron · Situation de l'industrie solaire de l'UE face à la concurrence déloyale (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, Madame la Commissaire: , comme l’avait dit notre ancien collègue Radek Sikorski, président de la délégation pour les relations avec les États-Unis, après les explosions qui ont frappé les gazoducs Nord Stream dans la mer Baltique. Cette délégation par le biais de laquelle Washington nous dit que, pour récupérer notre autonomie en matière de semi-conducteurs, il faut conclure un traité avec Taïwan.
«Thank you, USA.» Microsoft récupère le marché de nos données de santé, le peu d’industries qu’il nous reste s’exile aux États-Unis grâce aux subventions alléchantes qui y sont proposées, Pfizer a obtenu le marché des vaccins jusqu’en 2027, on a même failli avoir une Américaine à la tête de la protection de la concurrence européenne, et aujourd’hui nous nous félicitons d’être les premiers du monde à avoir des normes sur l’intelligence artificielle alors que nos principaux concurrents nous vendent l’intelligence artificielle. «Thank you, USA.»
Les panneaux solaires, c’est pareil. Madame la Commissaire, vous nous avez brossé un tableau peu réjouissant de la situation de l’industrie solaire européenne: bravo! Mais le constat n’est pas nouveau: Mme von der Leyen semble s’inquiéter uniquement lorsque des entreprises allemandes se plaignent et quand M. Meyer Burger délocalise.
Vous découvrez aujourd’hui que la seule entreprise qu’il reste en Europe va s’exiler aux États-Unis. Vous êtes les responsables de ce désastre industriel. Vous avez surfé sur des crises pour nous achever, pour détruire le peu d’indépendance que nous avions, alors que nous proposions, avec des amendements, la défense de nos fleurons nationaux. Vous avez détruit le nucléaire français, notre énergie pas chère pour notre industrie et nos concitoyens. Il fallait absolument fermer Fessenheim, abandonner Astrid à Bill Gates. Résultat: les prix d’électricité et du gaz explosent, et nous sommes devenus un désert industriel.
Vous venez maintenant nous expliquer que c’est terrible. Finalement, les éoliennes, les panneaux solaires, les usines allemandes ou espagnoles n’y arrivent pas. Cette administration, ce n’est pas une stratégie, c’est une tragédie; c’est l’opéra-comique de la souveraineté. Sur l’achat-gaspillage des vaccins contre la COVID-19, sur les milliards d’emprunts à taux variable, sur la question agricole: 90 % des problèmes se trouvent à Bruxelles. Mais «thank you, USA». Et un conseil à nos amis allemands, c’est d’acheter le dernier livre d’Emmanuel Todd, La Défaite de l’Occident.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.