Discours du 11 mars 2024
Virginie Joron · Justification et communication des allégations environnementales explicites (directive sur les allégations écologiques) (débat)
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, aujourd’hui nous ne parlons pas des algues vertes, mais des allégations vertes. Ces allégations, non justifiées, imprécises, ambiguës, sont effectivement susceptibles de tromper les consommateurs. Ces allégations d’écoblanchiment, vous tous, ici, vous les connaissez bien.
D’ailleurs, elles s’appliquent parfaitement à cette Commission biodégradable de Bruxelles: à la présidente von der Leyen, qui se dit «zéro carbone», mais qui se déplace en jet privé 23 fois en 2023 ou en voiture blindée avec gardes du corps et chauffeur pour faire quelques mètres entre les bureaux de Bruxelles; à une présidente qui refuse de s’exprimer sur les allégations qui lui ont été imputées pour manque de transparence ou conflit d’intérêts dans les contrats faramineux d’achat de vaccins contre la COVID-19; à une administration dont l’acte fondateur a été un voyage d’intégration en Éthiopie avec 27 commissaires et un avion bourré de centaines de collaborateurs; à une présidente respectueuse de l’environnement qui se déplace encore, le 28 juin 2021, à Francfort, en pleine période de COVID-19, pour décerner un prix du banquier de l’année. Les valeurs de durabilité du banquier: les voilà, les vraies valeurs européennes.
Cette Commission du gaspillage, avec des milliards de doses jetées, aura tout osé: acheter des voitures électriques à 50 000 euros – que les inutiles marchent à pied! Que les gueux prennent le bus! Plus de douche, plus de bain, et que l’on baisse la température! Le carbone qui doit disparaître, finalement, c’est nous. Cette administration, ces soi-disant amis de la nature, signent avec la Nouvelle-Zélande pour importer des cargos de beurre et de fromage, et elle nous parle de respect de l’environnement. Vingt mille kilomètres, alors que du beurre et du fromage, nous en avons ici chez nous. Le faux miel, les faux-monnayeurs, les fantômes de l’écologie, c’est Bruxelles.
Écoutez, si l’on passait au marteau-pilon, comme le disait Saint-Exupéry, les kilomètres de papier que votre administration a produit depuis cinq ans, l’Europe s’en porterait mieux. L’Europe crève de vos kilomètres de normes et de papier. Vous rejetez finalement l’Europe, la vraie, celle des entreprises et des vrais problèmes.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.