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Discours du 4 février 2026

Yaël Ménaché · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°141

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Personne ici ne peut nier la réalité du changement climatique ni les drames qu’il provoque déjà. La question n’est pas de savoir s’il faut agir, mais comment agir et avec quels moyens, pour que notre action soit efficace et acceptable pour nos compatriotes. Votre proposition de résolution européenne demande à l’UE d’endosser l’objectif consistant à diminuer de 90 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2040. Sur le papier, c’est ambitieux, mais dans la réalité, c’est une fuite en avant. Le pacte vert et le paquet Fit for 55 s’empilent, comme si l’économie, l’industrie, les ménages ou encore les agriculteurs étaient des variables d’ajustement.

C’est là qu’apparaît l’hypocrisie profonde du pacte vert : on se donne une bonne conscience écolo chez nous, mais on externalise l’essentiel de la pollution ailleurs.Depuis 2019, les normes s’alourdissent, l’énergie reste chère et les industries énergivores voient leurs coûts exploser. Dans un contexte de concurrence mondiale, cela accélère les délocalisations et les fermetures, notamment dans la chimie et les matériaux de base. Or quand la chimie recule, c’est toute la chaîne productive qui souffre, du médicament à la défense.Pire encore : faute de protections commerciales efficaces, on baisse les émissions sur le territoire européen tout en augmentant les importations venant de pays aux normes environnementales plus souples. C’est la fuite de carbone : on exporte des usines, on importe des produits et on s’applaudit. Ce n’est pas une politique climatique, mais une perte de souveraineté dont les conséquences sociales et territoriales sont lourdes.Au-delà des chiffres, il y a des vies. Cette trajectoire a des conséquences sociales et territoriales majeures : des emplois industriels disparaissent, des bassins de vie se fragilisent et la dépendance à des chaînes d’approvisionnement extra-européennes s’accroît. On affaiblit notre économie, on fragilise notre cohésion et on accentue notre vulnérabilité stratégique.Pendant ce temps, le pacte vert pour l’Europe continue d’afficher une vertu écologique de façade. Il faut faire écolo chez nous, mais cela n’empêche pas d’importer du gaz de schiste, lui-même interdit à la production en France, sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL) venu des États-Unis : on culpabilise les Français sur leur chauffage, on multiplie les taxes et les interdictions, et pendant ce temps, l’Europe remplace une dépendance par une autre en important massivement du GNL américain.Soulignons un fait très significatif : le ministre de la transition écologique annonce qu’il va émettre un « avis négatif » sur la relance de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures en outre-mer. Mais dans le même temps, on organise notre sécurité énergétique en achetant du GNL. Où est la cohérence ?

Faire écolo chez nous, mais importer des produits agricoles du bout du monde : c’est ainsi que des aliments produits avec des standards moins exigeants que les nôtres traversent des océans pendant qu’on impose à nos agriculteurs des contraintes toujours plus lourdes. Résultat : on fragilise notre souveraineté alimentaire, on alourdit l’empreinte carbone des importations et on soumet nos producteurs à une concurrence déloyale. On a même entendu relayer l’idée de limiter les mètres carrés par personne pour réduire l’empreinte carbone des logements. Voilà où mène cette logique : planifier la vie des gens jusque dans leur logement.Ce n’est pas une erreur, mais une stratégie connue et anticipée. La preuve ? On crée des instruments pour accompagner la casse, comme le fonds pour une transition juste : on prévoit la fermeture de sites, avec un chèque pour gérer les conséquences. Autrement dit, ils savaient. Ils savaient qu’en imposant certaines trajectoires, ils tueraient des industries et ils ont choisi non de les transformer, mais de les déplacer. C’est la délocalisation érigée en méthode, avec un chèque pour calmer ceux qui en supportent les conséquences.À qui profitera cette ambition ? Aux ménages français ? Non. À notre industrie ? Non. À nos concurrents extra-européens, qui n’attendent que nos interdictions pour rafler les marchés. Sur l’agriculture, vous exigez davantage, alors que nos agriculteurs subissent déjà la concurrence déloyale et l’inflation normative. Et vous êtes surpris ensuite de la colère du monde rural ? Nous voulons une politique climatique,…

…mais pas contre les Français.Le Rassemblement national défend une écologie de souveraineté.

J’y viens – laissez-moi parler. Nous voulons une énergie pilotable et compétitive, la fin de l’écologie punitive, une protection contre la concurrence déloyale, une trajectoire réaliste compatible avec la réindustrialisation.

Écoutez : vous verrez, c’est intéressant.La crédibilité, ce n’est pas l’affichage : c’est la cohérence. Pour toutes ces raisons, nous ne voterons pas cette proposition de résolution. Nous refusons une ambition qui se traduit par plus de contraintes pour les Français, une écologie hypocrite qui externalise ce qu’elle prétend combattre, une stratégie qui organise la casse industrielle puis prétend la réparer. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Il fallait écouter !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).