Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 12 mai 2026

Yoann Gillet · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°229

Le lecteur officiel de l'Assemblée peut afficher son propre bandeau de cookies à l'ouverture — c'est le portail de l'Assemblée qui l'affiche, pas ce site ; fermez-le pour voir la vidéo.

Monsieur le ministre, je souhaite attirer votre attention sur un sujet particulièrement préoccupant : l’entrée, en avril dernier, d’un représentant des EMF, les Étudiants musulmans de France, au sein du Centre national des œuvres universitaires et scolaires, le Cnous. Cette instance n’est pas n’importe quelle instance : il s’agit de l’une des plus importantes de l’enseignement supérieur. Elle pilote notamment les bourses étudiantes, les restaurants universitaires et les résidences étudiantes. Elle participe donc directement à l’organisation de la vie quotidienne de millions d’étudiants français. Or les EMF ne constituent pas non plus une simple association étudiante parmi d’autres. Selon des travaux récents, notamment ceux des services de renseignement français, cette organisation s’inscrit dans une mouvance coordonnée de l’islam politique qualifiée de « structure frériste » et menant une stratégie d’influence dans les milieux éducatifs, associatifs et étudiants. Le rapport sur les Frères musulmans et l’islamisme en France évoque d’ailleurs explicitement des logiques d’entrisme, de dissimulation et d’implantation progressive au sein des institutions.Ce sujet intervient dans un contexte plus large de progression de l’islamisme dans notre société, particulièrement auprès d’une partie de la jeunesse. Des études récentes montrent ainsi un durcissement préoccupant des pratiques et des opinions chez une partie importante des jeunes musulmans français. Selon une enquête Ifop publiée en novembre 2025, un jeune musulman sur trois se dit proche du courant de pensée des Frères musulmans et une musulmane sur deux âgée de 18 à 24 ans porte le voile islamiste, soit trois fois plus qu’en 2003. Toutes tranches d’âge confondues, un musulman sur deux estime que la charia, la loi islamique, doit être appliquée dans le pays où il vit.Dans le même temps, nous constatons partout un recul des repères liés à la laïcité, une banalisation des revendications communautaristes et une contestation croissante de la neutralité dans les espaces publics et universitaires. Dans ce contexte, l’élection d’un représentant des EMF au Cnous soulève de très nombreuses interrogations.Comment garantir la neutralité des instances étudiantes face à des organisations dont certaines revendications remettent en cause les principes mêmes de laïcité et de neutralité du service public ? Comment éviter demain des pressions communautaristes sur des sujets comme les menus confessionnels, les salles de prière ou la segmentation des espaces au sein des universités et des Crous ?Monsieur le ministre, face à cette situation, le gouvernement entend-il enfin prendre la mesure du risque d’entrisme islamiste dans l’enseignement supérieur ? Envisagez-vous d’ouvrir une enquête administrative approfondie sur les EMF, leurs financements et leurs liens organisationnels ? Enfin, êtes-vous favorable à l’instauration d’une charte de respect des principes de laïcité conditionnant l’accès aux élections étudiantes et aux instances de gouvernance universitaires ?

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).