Discours du 8 avril 2026
Zahia Hamdane · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°195
Les AVC sont la première cause de handicap physique acquis chez l’adulte. La Haute Autorité de santé estime que le risque de récidive à cinq ans se situe entre 30 % et 43 % – c’est-à-dire que près d’un patient sur trois fait un nouvel AVC dans les cinq ans qui suivent le premier accident. La phase aiguë de l’AVC fait l’objet d’une prise en charge spécialisée à l’hôpital. Cependant, la phase qui suit l’hospitalisation demeure trop souvent marquée par des ruptures de suivi : le patient qui sort de l’hôpital se retrouve livré à lui-même, sans suivi coordonné, sans accompagnement adapté, sans évaluation de son logement.Or les chances de récupération, le maintien de l’autonomie, la réinsertion et la prévention des récidives dépendent directement de la qualité de l’accompagnement post-AVC. Les difficultés sont souvent aggravées par les conditions concrètes de vie du patient : logement inadapté, défaut d’accessibilité, insalubrité. Un patient qui rentre chez lui dans un logement humide, mal ventilé, avec des escaliers impossibles à gravir après un AVC, c’est un patient en danger. Un patient qui ne peut pas suivre correctement son traitement à domicile, c’est un patient qui risque la récidive.Cet excellent amendement de mon collègue Ratenon vise à ce que le gouvernement remette au Parlement un rapport sur la prise en charge à domicile des patients victimes d’AVC. Ce rapport devra évaluer les ruptures de suivi et leurs conséquences, et proposer des actions de prévention des récidives qui tiennent compte du cadre de vie du patient et qui se fondent sur une évaluation de l’adaptabilité, de l’accessibilité et de la salubrité de son logement. Car prévenir les récidives, c’est aussi réduire les réhospitalisations évitables.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).