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Discours du 6 mai 2026

Charles Sitzenstuhl · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°222

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Je rappelle que le Rassemblement national a été pendant près de dix ans une courroie de transmission de la propagande russe. Ce n’est pas une obsession, c’est un fait qui a été objectivé en 2023 dans le rapport de Constance Le Grip au nom de la commission d’enquête sur les ingérences étrangères.

Les leçons de l’extrême droite sur le sujet des ingérences ont donc quelque chose de très savoureux.Avec l’amendement no 712, je poursuis mon plaidoyer en faveur de l’Europe de la défense – ce qui fera réagir le côté droit de l’hémicycle. Je pense qu’une mission absolument salutaire incombe à notre pays pour les prochaines décennies, celle de construire cette Europe de la défense.Celle-ci est balbutiante depuis une trentaine d’années. Je rappelle à ceux qui n’y souscrivent pas que c’était un des objets – pas majeurs, certes – du traité de Maastricht, validé par les Français par référendum. Il y a une politique étrangère et de sécurité commune au niveau de l’Union. Nous devons maintenant aller plus loin et plus fort pour nous protéger. Nous serons plus forts ensemble que vingt-sept nations isolées.C’est d’ailleurs la manière dont les armées françaises fonctionnent depuis des siècles. La dernière grande victoire qu’elles ont obtenue est celle de la première guerre mondiale : nous ne l’avons pas gagnée tout seuls mais en alliance avec d’autres États européens et des États qui se trouvaient de l’autre côté de l’Atlantique.Les lubies selon lesquelles les armées françaises ne peuvent se développer que seules sont à la fois un contresens historique et un contresens pour le futur. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

C’est le en même temps !

M. Limongi a présenté sa proposition comme un amendement de repli relativement à celui de M. Jacobelli. Quand j’écoutais ce dernier, je pensais au débat présidentiel d’entre-deux-tours de 2017, durant lequel la présidente du Front national Marine Le Pen avait fait la démonstration de son incompétence sur à peu près tous les sujets, notamment financiers.

Pour défendre son amendement, donc aussi le présent amendement de repli, Laurent Jacobelli expliquait que l’Union européenne serait peut-être amenée à emprunter sur les marchés pour financer des projets de défense – ce qui n’est pas le cas pour le moment – et que cela entraînerait un effet d’éviction qui ne permettrait plus à la France de se financer pour exécuter son budget – puisque notre fonctionnement repose pour une part importante sur la dette.Franchement, c’est vraiment n’importe quoi. J’espère que vous ne croyez pas vous-même à ce que vous racontez. Je suis stupéfait qu’un député puisse tenir ce genre de propos dans l’hémicycle lors de l’examen d’un texte aussi important, qui concerne la défense nationale. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)Une fois de plus, vous faites la démonstration de votre méconnaissance non seulement des sujets de défense sur lesquels nous travaillons et des sujets liés à l’Union européenne, mais encore et toujours du fonctionnement de l’économie réelle, des marchés financiers (« Merci ! » sur les bancs du groupe RN),…

…de l’Agence France Trésor et du ministère de l’économie et des finances, ainsi que des modalités selon lesquelles l’État emprunte sur les marchés pour faire fonctionner nos services publics. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Vous racontez n’importe quoi…

Ah !

On fait de la politique !

Sur le fondement de l’article 70, madame la présidente.Il y a près de quatre ans, sous la précédente législature, un député du Rassemblement national m’avait désigné comme un représentant ou un ambassadeur du Bundestag. À l’instant, le collègue Mauvieux a cru bon de faire un jeu de mots entre le nom de la présidente de la Commission européenne allemande et mon nom de famille allemand. Ce n’est pas la première fois, depuis le début de l’examen de ce texte, que j’entends des références à l’Allemagne venir des bancs de l’extrême droite lorsque je m’exprime. (« Ouin ouin ! » et exclamations sur les bancs du groupe RN.)Je souhaite que ces sous-entendus cessent. Je suis un député français, député du Bas-Rhin, député d’Alsace,…

…et il n’y a ici que des députés français. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, LFI-NFP, SOC, EcoS et Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).