Discours du 23 juin 2026
Dominique Potier · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°280
Le choix entre le suicide assisté et l’euthanasie est tout sauf un détail, car il engage, ou non, la participation d’un tiers. Déjà acquise dans le suicide assisté, elle est requise par l’acte d’euthanasie et ainsi banalisée – toutes les expériences étrangères le montrent –, ce qui constitue un changement tout à fait substantiel.Je voudrais profiter de cette prise de parole pour répondre à Jean-Paul Mattei, qui a affirmé à deux reprises l’importance de l’autonomie individuelle dans la décision. Une telle affirmation contredit la pensée de la République sociale, qui remonte à la IIe République et qui est commune à sa famille politique et à la nôtre – à l’époque unies au sein du courant que l’on appelait les fraternitaires –, d’après laquelle l’individu ne s’appartient pas à lui-même, chacun ayant des droits et des devoirs, réciproques et corrélatifs, vis-à-vis de ses semblables. Sans cette dépendance mutuelle, nourrie par la fraternité, c’est l’esclavage. Il existe une autre vision de la personne que celle de l’individu et de son autonomie : celle de la fraternité, de la solidarité, de l’interdépendance. C’est elle que nous voulons faire valoir aujourd’hui dans ce texte. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN et DR. – Mme Blandine Brocard applaudit également.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).