Discours du 20 juillet 2026
Fabrice Barusseau · Première session extraordinaire 2026 · séance n°22
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Depuis des mois, le gouvernement prétend répondre à l’urgence agricole, mais à force de renégocier son texte dans les couloirs avec quelques groupes parlementaires, il a fini par produire tout autre chose. Cette pratique politique est le symptôme d’une majorité incapable de sortir de la crise qu’elle a elle-même créée. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC.) Pendant que certains négociaient des équilibres de circonstances, les députés socialistes et apparentés formulaient des propositions concrètes pour accompagner les agriculteurs face aux crises climatique, économique et sanitaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Mme Dominique Voynet applaudit également.)Le texte issu de la CMP ne répond plus à la commande initiale du gouvernement. Pire, il organise un recul face aux défis auxquels notre agriculture est confrontée. Il réintroduit des produits phytopharmaceutiques controversés, affaiblit l’indépendance de l’Anses et fait primer des intérêts économiques de court terme sur les impératifs de santé publique. Il remet également en cause une gouvernance de l’eau construite patiemment depuis des décennies et qui est reconnue à l’échelle internationale. Alors que le changement climatique rend cette ressource toujours plus rare, ce texte privilégie une logique d’accaparement au profit d’un seul secteur et affaiblit la concertation territoriale. Nous refusons une France où l’eau deviendrait un sujet d’affrontement entre agriculteurs, élus locaux et citoyens. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – M. Jean-Claude Raux applaudit également.) Gouverner, ce n’est pas organiser la concurrence entre les usages : c’est garantir un partage juste d’un bien commun dont la priorité reste la fourniture en eau potable. C’est cette vision que le texte abandonne.L’agriculture française mérite mieux qu’un texte de renoncement. Elle a besoin d’une stratégie d’adaptation,…
…d’un État capable d’anticiper plutôt que de céder aux intérêts privés. C’est pourquoi le groupe Socialistes et apparentés votera cette motion de rejet préalable. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC ainsi que sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)
Monsieur le ministre, votre amendement va dans le bon sens, mais il faudrait aller beaucoup plus loin et supprimer complètement les articles 5, 6, 7 et 8 qui traitent de l’eau en mettant en danger la ressource. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe SOC ainsi que sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Pour résumer la philosophie du gouvernement sur la ressource en eau : alors que normalement on prend en compte la ressource pour ensuite adapter les besoins, il inverse complètement la logique puisque la philosophie de son texte, c’est de prendre en compte les besoins et de demander à la ressource de s’adapter. C’est d’une incohérence totale et ces articles ne méritent que d’être supprimés ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).