Discours du 28 mai 2026
Sophie Taillé-Polian · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°250
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Je tiens tout d’abord à remercier le groupe LIOT et le rapporteur Max Mathiasin pour cette proposition de loi portant abrogation du Code noir. Elle aurait pu être considérée comme superfétatoire – abroger un texte qui n’est plus appliqué, est-ce bien utile ? Elle ne l’est évidemment pas, du fait notamment, au-delà de l’abrogation proprement dite, de l’apport de l’article 2. Vingt-cinq ans après la loi Taubira, elle constitue une nouvelle étape sur un chemin de mémoire que nous n’avons pas encore parcouru jusqu’au bout.Il est ainsi indispensable de prendre en compte les aspects actuels et l’héritage du Code noir dans notre droit et notre société. Cet héritage, nous le vivons aujourd’hui, nous le portons tous et toutes – certains plus douloureusement que d’autres, bien sûr. On le voit dans les inégalités actuelles entre les territoires, où la colonialité est encore présente dans la structure de l’économie, du fait notamment de l’indemnisation des esclavagistes au moment de l’abolition. C’est bien cela qu’il faut réparer !De même, il faut réparer le racisme systémique, en particulier la négrophobie directement issue du Code noir, qui a des conséquences concrètes sur la vie de nombre de nos concitoyens et de nos concitoyennes – accès au logement, au travail –, mais aussi sur nos représentations et notre inconscient collectif. Réparer, c’est admettre que les préjudices résultant de ce texte sont toujours actuels. Ce n’est pas se repentir : le repentir, c’est de la morale ; la réparation, c’est la justice. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS – M. le rapporteur applaudit également.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).