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Les projets de loi les plus débattus à l'Assemblée nationale en 2026

Une nouvelle année, une nouvelle salve de textes disputés. Cinq projets de loi ont concentré l'essentiel du travail d'amendement des député·e·s en 2026, budget de l'État mis à part — du conflit agricole à la question institutionnelle calédonienne.

Périmètre : uniquement les projets de loi (déposés par le Gouvernement), à l'exclusion des propositions de loi parlementaires. Un texte examiné en plusieurs lectures voit ses amendements additionnés sur l'année. Seuls les amendements déposés par des député·e·s à titre individuel comptent pour le palmarès des personnes les plus actives — ceux du gouvernement et des rapporteur·e·s en sont exclus. Les lois de finances et de financement de la Sécurité sociale sont écartées de ce classement : elles reviennent chaque année, mécaniquement volumineuses, et occuperaient sinon presque tout le classement d'une année sur l'autre. Elles restent consultables plus bas.

01 Projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles

4 038 amendements

Un texte de soutien au monde agricole examiné dans un climat très tendu : allègements de normes environnementales pour les exploitations, dont la réautorisation d'un insecticide controversé (l'acétamipride), qui a provoqué une mobilisation citoyenne inhabituelle — pétition record contre le texte — bien au-delà du cercle parlementaire habituel. Le texte accélère aussi les procédures d'autorisation pour les retenues d'eau et bâtiments d'élevage. Concerne en premier lieu les agriculteur·rice·s, mais la pétition citoyenne contre le texte a dépassé deux millions de signatures — un record pour la plateforme de l'Assemblée nationale.

Les plus actif·ve·s sur ce texte :

Texte promulgué : loi n° 2026-796 du 18 août 2026 — Légifrance

02 Projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle-Calédonie

3 205 amendements

Une révision constitutionnelle sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, après les émeutes de 2024 et les négociations qui ont suivi entre l'État, les indépendantistes et les non-indépendantistes. Un texte rare : une révision de la Constitution elle-même exige une majorité des trois cinquièmes du Congrès (Assemblée et Sénat réunis) pour être définitivement adoptée. Négocié après l'accord de Bougival de juillet 2025, le texte crée un nouveau statut d'« État de la Nouvelle-Calédonie au sein de la République », avec un corps électoral aux élections provinciales élargi progressivement. Concerne directement les quelque 270 000 habitant·e·s de l'archipel, dont le statut institutionnel est en jeu — au moment de la rédaction de cet article, le texte n'avait pas encore été soumis au Congrès, seule instance habilitée à finaliser une révision constitutionnelle.

Les plus actif·ve·s sur ce texte :

03 Projet de loi relatif à la protection des enfants

2 458 amendements

Un texte qui réorganise la protection de l'enfance : encadrement de l'accueil en foyer, contrôle renforcé des professionnel·le·s, réponse à des scandales médiatisés dans certains établissements. Un sujet qui unit largement sur l'objectif, mais où les débats portent sur les moyens budgétaires réellement alloués aux départements, compétents en la matière. Le texte crée une autorisation préalable renforcée pour ouvrir un établissement d'accueil et impose des contrôles inopinés réguliers. Concerne les professionnel·le·s de la protection de l'enfance (environ 380 000 enfants suivis en France par l'Aide sociale à l'enfance) et les conseils départementaux — au moment de la rédaction de cet article, l'adoption définitive n'était pas confirmée.

Les plus actif·ve·s sur ce texte :

04 Projet de loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens

1 831 amendements

Un texte sécuritaire au périmètre large — troubles à l'ordre public, nuisances du quotidien, pouvoirs des forces de l'ordre — dont l'intitulé même, volontairement englobant, a été une source de débat sur l'ampleur réelle du texte. Le texte crée de nouvelles infractions et durcit des sanctions existantes pour les rodéos motorisés et certains troubles de voisinage, et élargit les pouvoirs d'intervention des polices municipales. Concerne en premier lieu les zones urbaines denses et les polices municipales, dont les prérogatives sont étendues.

Les plus actif·ve·s sur ce texte :

Texte promulgué : loi n° 2026-798 du 18 août 2026 — Légifrance

05 Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense

1 364 amendements

Une mise à jour de la loi de programmation militaire votée en 2023 : ajustement des trajectoires de dépenses de défense dans un contexte géopolitique jugé plus incertain qu'au moment du vote initial. Le texte ne crée pas de nouvelle trajectoire mais réévalue à la hausse certains postes (drones, défense sol-air, munitions). Concerne le ministère des Armées et les industriels de la défense, sans effet direct sur le grand public si ce n'est via la dépense publique engagée.

Les plus actif·ve·s sur ce texte :

Texte promulgué : loi n° 2026-791 du 16 août 2026 — Légifrance

Budget et finances de l'année

Écartés du classement ci-dessus car structurellement les plus volumineux chaque année — mais loin d'être secondaires : c'est là que se jouent l'impôt, les dépenses publiques et l'équilibre de la Sécurité sociale.

Projet de loi de finances pour 20265 834 amendements

À lire aussi

Contenu à vocation pédagogique fondé sur des données réelles (amendements et scrutins publics de l'Assemblée nationale, XVe-XVIIe législatures) — pas une analyse de l'actualité politique. Méthodologie détaillée ci-dessus.